Née le 26 décembre 1958 au Togo, Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson a fait ses études primaires, secondaires et en partie universitaires au Togo, où elle obtient une maîtrise ès-sciences juridiques en 1983, avant de s’envoler pour Paris où elle décroche un DEA en droit privé à l'Université de Paris V, Malakoff, puis un second DEA en droit privé et droit comparé, option droits Africains et sa thèse de doctorat en 1986 à l'Université de Paris I, Panthéon Sorbonne.

Revenue au Togo, elle commence sa carrière professionnelle comme enseignante de Droit à l’Université du Bénin au Togo, où elle a formé des promotions d’étudiants, dont plusieurs jouent un rôle important dans les institutions du Togo. Depuis 1997, elle est Coordonnatrice pour l’Afrique de l’ouest d’un réseau panafricain des droits de femmes (WILDAF/FEDDAF).

Elle a marqué l’histoire de son pays comme militante des droits des femmes très engagée et femme politique ; en 2010, Adjamagbo Johnson fut la première femme togolaise, candidate à l’élection présidentielle.

Elle a hérité son penchant pour la politique de sa mère (Cornélie Dédé Adoté une militante du RDA et de son père (Docteur Paul Adjamagbo) militant du Parti togolais du progrès de Nicolas Grunitzky, ainsi que de ses oncles maternels "Papa Ayité", un conteur hors paire qui savait égratigner le régime dictatorial à travers ses contes au cours des années 1960 et de Omer Adoté, mort sous la torture au camp RIT. Ce penchant s’est renforcé suite à l’arbitraire, dont elle fut victime comme enseignante à la faculté de droit de l’université du Bénin. Son entrée en politique a commencé en 1990, comme membre fondateur de la CDPA (Convention démocratique des peuples africains), parti politique d'opposition créé au Togo dans la clandestinité, qu’elle dirige actuellement comme Secrétaire générale par intérim.

Madame Adjamagbo Johnson a manifesté dès le début des années 1990, son engagement en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, en contribuant à la création de plusieurs organisations de la société civile, notamment "Non-Violence et Démocratie" et le "Collectif des Associations féminines".
Elue en 1991 au poste de Rapporteur général du Bureau provisoire de la Conférence nationale souveraine, une assise mise en place suite à une révolution populaire contre le régime dictatorial qui sévissait à l’époque, elle s’est illustrée comme une femme de caractère, d’où son surnom de "Adjama gakpo" (dame de fer). Ce trait de caractère lui a permis de maîtriser une salle de plus de près de 800 délégués surexcités, que le Président du Bureau provisoire, doyen d’âge de l’assise, n’était pas en mesure de discipliner à cause de son âge très avancé.

Elle siège brièvement au Haut Conseil de la République, le parlement de transition mise en place par les assises nationales, avant d’être nommée Ministre du Bien être social, des Droits de l’homme et de la Solidarité nationale dans le 1er Gouvernement de transition. A cet titre, elle a mis en place l’Agence de solidarité nationale pour mobiliser des ressources financières et matérielles de donateurs privés nationaux pour répondre aux besoins sociaux des populations et a créé un sein de son département une structure publique chargée de promouvoir les droits de l'homme au Togo.

Après son expérience gouvernemental, elle créé avec des amies en 1992, le Groupe d’action et de réflexion Femmes, Démocratie et Développement (GF2D), dont elle fut la 1ère Secrétaire Générale pendant cinq ans. Sous son impulsion, le GF2D introduit pour la 1ère fois au Togo, les parajuristes censés œuvrer dans le pays comme éducateurs en matière de droits des femmes et assistants juridiques aux femmes en détresse. Aujourd’hui, le GF2D a formé des milliers de parajuristes qui ont permis à de nombreuses femmes des villes et des villages du Togo d’être informées sur leurs droits et/ou être assistées en cas de violation de leurs droits successoraux, d’atteinte à leur intégrité physique ou à leur dignité à travers le mariage forcée, le lévirat, les mutilations génitales féminines, etc.). Au sein de son association, Kafui Adjamagbo-Johnson, prend une part active en 2007 aux initiatives ayant conduit aux l’instauration par le gouvernement, de mesures de discrimination positives qui ont favorisé une émergence sans précédent, de candidatures féminines aux élections législatives organisées la même année. Elle poursuit avec son association ce combat pour obtenir des réformes susceptibles de générer une plus grande participation des femmes en politique.

Comme coordonnatrice du WILDAF/FEDDAF, Kafui Brigitte ADJAMAGBO JOHNSON a joué un rôle clé dans le plaidoyer ayant conduit l’Union africaine à adopter en 2003 le Protocole à la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples relative aux Droits des femmes en Afrique. Engagée à contribuer à l’émergence d’une culture d’exercice et de respect des droits des femmes, elle initie et pilote depuis 1997, des programmes sous régionaux de promotion de droits des femmes. Les cibles visées sont variées : chefs traditionnels et religieux, acteurs judiciaires, médecins, policiers, femmes d’organisations de la société civile y compris des agricultrices et les commerçantes du secteur informel.

Au niveau international, l’engagement de Kafui Adjamagbo Johnson l’a conduite à occuper plusieurs autres postes de responsabilité, notamment : membre du Conseil d’Administration du Forum international de Montréal, de 1999 à 2001 ; membre du Comité Consultatif de African Women Developement fund (AWDF) depuis 2001 ; co fondatrice et Présidente du Forum de la société civile de l’Afrique de l’ouest (FOSCAO) de 2004-2006.

Kafui Adjamagbo Johnson est mariée et élève ses deux enfants.
Madame Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson est la première femme candidate à une élection présidentielle du Togo.