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Entretien avec madame Limda Awesso, créatrice de mode, directrice de festival Elima

C'est à son domicile que la créatrice de mode Madame Limda Awesso, nous a fait l'honneur de cet entretien. Ses débuts dans la mode, Madame Limda Awesso, les a d'abord entamé comme autodidacte, pour plus tard devenir l'une des stylistes les plus connues de sa génération. Aujourd'hui grâce à son festival ELI’MA, elle se positionne parmi les plus grandes créatrices de mode africaine. Dans cet entretien qui aborde multiples aspects, de sa vie, c'est à coeur ouvert, que Madame Awesso s'est confié à Togoqueens. Hormis, sa casquette de designer, nous avons rencontré une femme d'affaires, humble malgré le succès, une mère de famille, une patriote, pleine d'idées innovantes, et de bons conseils envers la jeunesse.
Entretien avec madame Limda Awesso, créatrice de mode, directrice de festival Elima

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Madame AWESSO, vous êtes l’une des pionnières de la mode au Togo. Dites-nous, comment vous est venue l’envie d’embrasser ce domaine ?

Je ne suis pas vraiment une des pionnières. Les pionniers sont là avant nous comme BAMOMDI, DESMO, CLARA LAWSON et bien d’autres noms. C’est plutôt des gens comme ça qui nous ont poussé vers ce métier parce que cela nous faisaient rêver de les voir prester et vendre les valeurs du Togo à l’extérieur. Ce métier m’est donc venu d’une passion que j’ai depuis toute petite à savoir l’évènement. J’ai toujours griffonné des cahiers avec beaucoup de modèles de vêtements que j’imaginais. Ensuite j’ai commencé avec une boutique de vêtements delaquelle je faisais acheter à Dakar mais cela ne correspondait pas vraiment à ce que je voulais exactement. C’est ainsi que j’ai décidé d’avoir un atelier et de les confectionner par mes propres employés.

Vous avez à votre actif un grand nombre de défilés de mode. A quel âge avez-vous réalisé votre premier défilé?

Le premier été fut offert pas une dame que je remercie toujours qui   s’appelle ISABELLE AGNO de la côte d’ivoire. Elle m’a permis de faire un défilé il y a 9 ans de cela à Abidjan, avec la grande chance d’avoir une première dame comme spectatrice, qui m’a ouvert ensuite d’autres opportunités dans plusieurs pays.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confronté tout au long de votre parcours?

Il y a énormément de difficultés parce que souvent les gens ne prennent pas la mode au sérieux. Ils se disent que c’est juste quelque chose de festif et qui ne sert à rien. Il a fallu du temps pour pouvoir s’imposer au niveau des médias locaux et au niveau des sponsors pour qu’ils puissent nous suivre. Quand moi je suis arrivé au début, la mode représentait à peu près 1% (un pour cent) du sponsoring dans les sociétés. Ce qui est vraiment ridicule à savoir que la mode c’est les vêtements qu’on porte tous les jours et normalement c’est le secteur qui devait rapporter assez à l’économie. Ce qui a été difficile c’est de pouvoir imposer et changer un peu les mentalités. Mais le grand réconfort c’est toujours le public qui est très réceptif et de plus en plus nombreux. Ce qui veut dire que le travail qu’on fait n’est pas vain.

Du 27 octobre au 1er novembre 2015, Lomé, la capitale du Togo accueille un grand festival qui porte votre empreinte. Pouvez-vous nous parler de cet événement?

Le festival HELIMA sera effectivement à sa 4ème édition et c’est un festival assez inédit par rapport aux autres parce qu’il offre un spectacle souvent gratuit. C’est 4 (quatre) défilés complètement différents, et pendant une semaine on se permet d’avoir des formations avec des journalistes des stylistes, des jeunes créateurs, on essaye de faire des échanges et on amène la mode vers le public. Donc la quatrième édition aura un défilé de rue comme d’habitude, ou le défilé se passe en plein milieu de la circulation, ce qui attire énormément de touristes et de curieux. Et en plus de cette édition nous avons une foire qui va se dérouler sur l’esplanade du palais des congrès pour permettre à différentes sociétés d’avoir des stands et de communiquer autour du métier de la mode et de le toucher le plus près.

En tant que promotrice de ce festival, quelles sont vos attentes à l’égard de cette  4ème édition?

A l’endroit de cette quatrième édition j’attends énormément du public. C’est pour eux qu’on le fait alors qu’ils se déplacent nombreux. J’attends énormément de la part des stylistes invités parce qu’il y a quand même 10 (dix) pays étrangers qui arrivent. Donc il nous faudrait une diversité de couleurs de modèles et tout. Et j’attends aussi de l’aide, de l’appui de nos autorités parce qu’on fait un métier assez noble. Faudrait qu’ils nous suivent et qu’ils sachent que la mode fait partie de l’économie. Tout le monde s’habille et à partir du moment où on naît jusqu’à notre mort.  Et je pense que les habits pourraient être faits au Togo un jour. C’est en tout cas dans cette optique qu’on continue le travail de ce festival pour communiquer autour de ce métier.

Exercez-vous d’autres activités en dehors de la mode ? Si oui, lesquelles?

Oui je suis obligé de diversifier parce que pour l’instant l’évènement ne nourrit pas vraiment son homme au Togo. J’ai donc une société de prestation de services, je fais aussi du shipping c’est à dire du ravitaillement sur les bateaux. Je suis obligé de diversifier pour pouvoir maintenir les salariés et moi-même un petit confort dont j’ai besoin et dont tout le monde a besoin je pense. Mais à l’ avenir, une fois qu’on pourra industrialiser la mode, c’est-à-dire confectionner des habits en centaines de milliers, là oui ! Je pourrais dire que je vais arrêter les autres activités pour me consacrer à ce qui me plait.

Vous êtes une femme très active ; comment arrivez-vous à concilier votre vie familiale et professionnelle?

J’ai des enfants qui sont très compréhensifs et qui aiment que leur maman se batte tous les jours. Pour moi c’est une grande motivation. Et aussi je pense qu’il est très important de pouvoir faire quelque chose qu’on aime. Cela veut dire qu’on prend le temps pour les enfants, on prend le temps pour soi-même, et on prend le temps pour faire quelque chose qu’on aime. En dehors de cela je m’occupe de 600 enfants à charge, à chaque fois pour leur scolarité et ça depuis 9 (neuf) ans. Je pense que c’est un plus de pouvoir toujours penser aux autres. Cela nous ramène les pieds sur terre, et ça nous dit d’avancer, de foncer plus loin et que l’argent n’est pas tout.

Malgré le poids des années qui passent, vous demeurez belle. Quel est votre secret ?

(Rires) Merci ! Le secret c’est d’avoir confiance en soi déjà. Et ensuite avoir la foi parce que je pense que tout ce qu’on dégage de l’extérieur vient aussi de l’intérieur. Et ensuite prendre soin de soi même avec les maigres moyens mais toujours essayer d’être propre sur soi. Même quand on n’a pas les moyens de s’acheter des vêtements très chers, il est important de s’acheter des vêtements avec des couleurs qui nous vont et qui sont aussi à notre taille.

Un conseil à l’endroit de la jeunesse togolaise.

J’aimerais leur dire que ce n’est pas du tout facile. Il faudrait vraiment que ça soit votre vocation avant de venir vers ce métier. Et aussi la mode n’est pas seulement coudre et faire des dessins. C’est aussi faire du marketing, faire de la communication, parler plusieurs langues. Ce qui veut dire qu’il faut bien travailler à l’école et ne pas se dire que c’est un chemin facile que vous prenez, mais un chemin beaucoup plus difficile que les autres. Et quand vous y arrivez c’est vraiment une satisfaction personnelle.

Un mot de fin?

Merci à vous, aux médias parce que sans vous on n’est rien. Je donne rendez-vous au public très nombreux que j’attends de toutes mes forces du 27 octobre au 1er novembre prochain. Merci!


Constant TAKOYA
Constant TAKOYA

Passionné d’écriture. Depuis 2010, je suis actif sur plusieurs sites et webzines dédiés à la poésie et à l’écriture en général. La cause féminine me tient beaucoup à cœur 

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